samedi 13 juin 2009

Ma vie sans séchoir à cheveux

Je vous ai écrit un genre de haïku.  Mais sans la sagesse infinie. 

Ma vie sans séchoir à cheveux
Un nuage se plaint
L'humidité blême du soir

C'est tout ce que j'avais à dire.


vendredi 12 juin 2009

La fin de la récré

On va en profiter pendant que ça passe, hein, les amis.  Parce qu'hier on a eu l'horaire de répétition pour Chambéry, et comment dire:  il restera plus beaucoup de temps.  Pour s'envoyer des mots doux.  On répète de midi à minuit.  Oh yeah.  Tous les jours sauf dimanche.  Yeah yeah yeah.  Et à Avignon...  j'ai comme l'impression que ça va être encore plus fou.  Genre de 20h00 à 6h00 du matin.  Fou de même.  En même temps je suis complètement d'accord avec le principe:  tant qu'à jouer à cette heure-là, autant l'avoir déjà essayé avant la générale.  Mais je songe à arrêter de me débattre avec mon décalage horaire, parce que si je restais à l'heure du Québec, je serais presque parfaitement adaptée...  
Ah la la.  C'est fou-hou-hou.

jeudi 11 juin 2009

Le coeur est un bébé oiseau

Robinson est roux, il a les yeux bleus et des cils transparents.  Il a la même tête que son père, il baille beaucoup, il aime être sur l'épaule des gens, et il m'a mis le coeur tout mou.  Il m'a mis le coeur en mayonnaise.  Il m'a mis le coeur en confiture, en caramel, en pâte à choux.  
Les bébés de mes amies sont un peu comme mes amies:  ils sont supers.  Ils sont comme mes amies, en tout petit.  Robinson a eu deux mois et demi pile aujourd'hui.  On a fêté ça, sa maman et moi, en se baladant aux Abbesses pendant six heures, sur les trois mêmes rues, en boucle, parce que franchement on s'en foutait un peu de où on était en train de marcher  -  on marchait ensemble, et c'était bien, elle portait son bébé et on s'en foutait un peu des vitrines, des chaussures, du coût de la vie.  Il faisait soleil aujourd'hui, c'était chouette, on a rien fait.  On a parlé.  On a parlé de bonté et de rouge à lèvres.  On aurait voulu acheter des maillots de bain, on n'a pas eu le temps, c'était pas grave, tout était bien.  
Le temps se diffracte autour des enfants:  cet après-midi on a marché pendant presque un an et on a rien senti.  C'est allé très vite et très doucement  -  comme un voyage au bord de nos vies qui changent, qui changent à toute allure, qui se déploient, qui se replient, et qui recommencent tout le temps.  

mercredi 10 juin 2009

Apportez votre été

Le beau temps, ce n'est pas comme le bonheur, ou le sucre à la crème.  Le beau temps c'est comme le champagne:  tu ne peux pas vraiment t'en faire.  Alors  -  comment dire.  Il pleut.  Tout le temps.  Depuis que je suis arrivée.  Et je n'y peux rien.
En même temps c'est pas très grave, parce que Paris, c'est en-dedans.  Je reste cachée dans mon joli appart sous-loué, j'achète des fruits en bas dans la rue Oberkampf, je reviens, je fais du thé (ben oui), j'écoute le petit carillon accroché à la fenêtre qui me joue une sorte de musique de vent.  Je prends des bains.  Je dors longtemps.  C'est parfait:  il pleut.
Ce qu'il y a de bien à Paris c'est:  aller au musée pour un euro.  Trouver l'expo ordinaire (ou plutôt:  un peu mince, mais comme il y a plus que la moitié de l'espace fermé pour rénovations, c'était prévisible), trouver que c'est bizarre de collectionner tous ses verres de contact pendant une année et ensuite, de les exposer, mais s'en foutre un peu, finalement, parce qu'on a payé juste un euro, parce que c'est le génial Palais de Tokyo, (oh mon dieu je suis capable de mettre un lien, ça n'a aucun rapport avec le reste de la phrase mais j'en reviens comme pas), parce que disais-je:  il y a une tache de soleil, oui oui, il fait soleil pendant qu'on est dans le musée, il y a une tache de soleil sublime sur le sol et puis, ben on est content d'avoir été là, à ce moment-là, et de l'avoir vue, elle.  La tache sublime.
Ce qu'il y a de bien à Paris c'est:  sortir du musée et entrer dans un autre musée, et se faire dire la beauté sera convulsive par André Breton, et moi je te vois par un tableau.  
Ce qu'il y a de bien ici c'est:  marcher sur les quais sous des grands ciels intranquilles comme soi.  Pleins de vents et de violets.
Ce qu'il y a de bien aussi c'est:  que tous les films soient présentés au cinéma en version originale sous-titrée.
Ce qu'il y a de vraiment, vraiment bien à Paris c'est:  les amis.  Avec qui on boit un apéro en se racontant des grands secrets.  Qui font des spectacles vraiment chouettes.  Qui ont eu des bébés.  Avec qui on va boire le champagne samedi soir, parce qu'ici, on peut dire:  soirée champagne sur le balcon, et ça se peut, c'est possible, parce que le champagne on peut l'acheter à un prix normal et ils en vendent même à l'épicerie.  
Ce qu'il y a de bien à Paris, c'est Paris.


Ce serait comme le début

J'écris ce blog pour ceux que j'emmène toujours avec moi quand je pars.  Et comme je pars souvent...  J'écris ce blog pour ceux qui trouvent mes mails-fleuve trop longs  -  comme ça, ils viennent voir s'ils veulent, et sinon, je n'encombre personne avec mes histoires.  J'écris ce blog parce que je veux écrire, que je le fais rarement, que j'ai envie d'essayer de le faire plus.  J'écris aussi parce que je vis des moments rares, des moments fabuleux, parce que je marche dans des endroits magnifiques, parce que je croise des gens lumineux, j'écris parce que la vie est belle, et courte, et belle, et difficile, et belle.  
J'écris pour vous.  Bienvenue dans mes valises.